L'argumentation fonctionnaliste en faveur du conspirationnisme
Résumé
Résumé :
Depuis 1995, un groupe de philosophes cherche à montrer que le caractère stigmatisant des expressions « théories du complot », « conspirationnisme », et « conspirationniste » résulterait de préjugés épistémologiques ou pratiques. L'une de leurs stratégies argumentatives favorites est fonctionnaliste : ils cherchent à montrer que, si l'on y réfléchit bien, les théories du complot jouent un rôle essentiel dans la préservation de nos démocraties. L'objectif de cet article est d'explorer les différentes voies possibles ouvertes à une telle argumentation fonctionnaliste en faveur du conspirationnisme. Cette exploration conduit à conclure que les expressions « théories du complot », « conspirationnisme » et « conspirationniste » sont en réalité déstigmatisantes, et qu'il faudrait les remplacer par des appellations qui culpabilisent davantage les personnes colportant des « théories du complot ».
Abstract:
Since 1995, a group of philosophers argues that the stigmatizing character of the expressions “conspiracy theories”, “conspiracism”, and “conspiracy theorist” results from epistemological or practical prejudices. One of their favorite argumentative strategies is functionalist: they attempt to show that, upon reflection, conspiracy theories play an essential role in the preservation of our democracies. The aim of this article is to explore the different possible paths opened by such a functionalist argument in favor of conspiracism. This exploration leads to the conclusion that the expressions “conspiracy theories”, “conspiracism”, and “conspiracy theorist” are in fact de-stigmatizing, and that they should be replaced by designations that assign greater blame to those who spread “conspiracy theories”.
Mots-clés
Conspirationnisme, Particularisme, Théories du complot, Fonctionnalisme
